Si vous n'êtes pas redirigés automatiquement, cliquez ici

Menu (français)
Accueil
Artistes
Mac Adams
Robert Breer
Elina Brotherus
Omer Fast
Ryan Gander
Július Koller
Mark Geffriaud
Jiri Kovanda
Deimantas Narkevicius
Roman Ondák
Dominique Petitgand
Pratchaya Phinthong
Pia Rönicke
Yann Sérandour
Programme
Prochainement
Omer Fast "Nostalgia"
En cours
Archives
2010
Both Before and After
The Boy Who Cried Wolf (Lefty Loosey, Righty Tighty)
Elina Brotherus, "Artists at Work"
Elina Brotherus, "Rétrospective"
2009
Deimantas Narkevicius
"Là où les eaux se mêlent"
Pratchaya Phinthong "What I learned I no longer know; the little I still know, I guessed"
"Nord, Nord-Ouest"
Roman Ondák "Fluid Border"
Ryan Gander « It’s a right Heath Robinson affair » (A stuttering exhibition in two parts)
Mark Geffriaud « Si l’on pouvait être un Peau-Rouge »
Berlin-Paris, un échange de galeries
2008
Yann Sérandour « Weiss »
Pia Rönicke & Zeynel Abidin Kizilyaprak «An Usual Story from a Nameless Country»
« Faces »
Jiri Kovanda «Two Cushions»
Omer Fast «De Grote Boodschap»
2007
« Cinematic Panorama »
Elina Brotherus
Pratchaya Phinthong «if I dig a very deep hole»
Julius Koller «Space is The Place»
Mac Adams «07-70»
« The Last piece By John Fare »
« Time Flies »
2006
Dominique Petitgand «Quelqu’un par terre (Someone one the ground)»
Pia Rönicke «Rosa's Letters - Telling a Story»
« Jiri Kovanda VS Reste du monde (Tentatives de Rapprochement) »
Roman Ondák «More Silent Than Ever»
« Outside The Living Room »
Deimantas Narkevicius «Instead of Today»
Omer Fast «Godville»
2005
« Petites Compositions entre amis - Séquence 3 »
« Petites Compositions entre amis - Séquence 2 »
« Petites Compositions entre amis - Séquence 1 »
Elina Brotherus «Model Studies»
2004
Pia Rönicke «Without a Name»
Loris Gréaud «Ending Introduction»
Robert Breer
Alban Hajdinaj «My Home is Your Home»
2003
« Links »
« Present Perfect »
Roman Ondák «Talker»
2002
Mac Adams «Beneath The Shadow»
Omer Fast
Deimantas Narkevicius
Dominique Petitgand
2001
Robert Breer
Elina Brotherus «Suites françaises 2»
« Hors-jeu »
Foires
Art 41 Basel
Archives
Independent
Art 40 Basel
Art Basel Miami Beach
FIAC, Paris
The Fair Gallery > Frieze Art Fair
Ailleurs
Mac Adams
Robert Breer
Elina Brotherus
Omer Fast
Ryan Gander
Mark Geffriaud
Július Koller
Jiri Kovanda
Deimantas Narkevicius
Roman Ondák
Dominique Petitgand
Pratchaya Phinthong
Pia Rönicke
Yann Sérandour
Liens
Infos
Menu (english)
Home
Artists
Mac Adams
Robert Breer
Elina Brotherus
Omer Fast
Ryan Gander
Mark Geffriaud
Július Koller
Jiri Kovanda
Deimantas Narkevicius
Roman Ondák
Dominique Petitgand
Pratchaya Phinthong
Pia Rönicke
Yann Sérandour
Program
Upcoming
Omer Fast "Nostalgia"
Current
Archives
2010
Both before and after
The Boy Who Cried Wolf (Lefty Loosey, Righty Tighty)
Elina Brotherus "Artists at Work"
Elina Brotherus, "Retrospective"
2009
Deimantas Narkevicius
Where water comes together with other water
Pratchaya Phinthong "What I learned I no longer know; the little I still know, I guessed"
Nord, Nord-Ouest
Roman Ondák "Fluid Border"
Ryan Gander "It’s a right Heath Robinson affair" (A stuttering exhibition in two parts)
Mark Geffriaud "If one were only an Indian"
Berlin-Paris, a gallery exchange
2008
Yann Sérandour "Weiss"
Pia Rönicke & Zeynel Abidin Kizilyaprak "An Usual Story From a Nameless Country"
"Faces"
Jiri Kovanda "Two Cushions"
Omer Fast "De Grote Boodschap"
2007
"Cinematic Panorama"
Elina Brotherus
Pratchaya Phinthong "if I dig a very deep hole"
Julius Koller "Space is The Place"
Mac Adams "07-70"
"The Last Piece by John Fare"
"Time Files"
2006
Dominique Petitgand
Pia Rönicke "Rosa's Letters- Telling a Story"
Jiri Kovanda "Jiri Kovanda vs Reste du Monde (Tentatives de rapprochement)"
Roman Ondák "More Silent Than Ever"
"Outside The Living Room"
Deimantas Narkevicius "Instead of Today"
Omer Fast "Godville"
2005
"Petites compositions entre amis - Sequence 3"
"Petites compositions entre amis - Sequence 2"
"Petites compositions entre amis - Sequence 1"
Elina Brotherus "Model Studies"
2004
Pia Rönicke "Without a Name"
Loris Greaud "Ending Introduction"
Robert Breer
Alban Hajdinaj "My Home is Your Home"
2003
"Links"
"Present Perfect"
Roman Ondák "Talker"
2002
Mac Adams "Beneath the Shadow"
Omer Fast
Deimantas Narkevicius
Dominique Petitgand
2001
Robert Breer
Elina Brotherus "Suites Françaises 2"
"Hors-Jeu"
Fairs
Archives
Independent
Art 40 Basel
Art Basel Miami Beach
Fiac, Paris
The Fair Gallery > Frieze Art Fair
Art 41 Basel
Offsite
Mac Adams
Robert Breer
Elina Brotherus
Omer Fast
Ryan Gander
Mark Geffriaud
Július Koller
Jiri Kovanda
Deimantas Narkevicius
Roman Ondák
Dominique Petitgand
Pratchaya Phinthong
Pia Rönicke
Yann Sérandour
Links
Infos

Pratchaya Phinthong «if I dig a very deep hole»

Vues d'exposition

Pratchaya Phinthong - if i dig a very deep hole…, 2007
Pratchaya Phinthong
if i dig a very deep hole…, 2007
Installation

Pratchaya Phinthong - if i dig a very deep hole…, 2007
Pratchaya Phinthong
if i dig a very deep hole…, 2007
Installation

Pratchaya Phinthong - if i dig a very deep hole…, 2007
Pratchaya Phinthong
if i dig a very deep hole…, 2007
Installation

Pratchaya Phinthong - if i dig a very deep hole…, 2007
Pratchaya Phinthong
if i dig a very deep hole…, 2007
Installation

Pratchaya Phinthong - if i dig a very deep hole…, 2007
Pratchaya Phinthong
if i dig a very deep hole…, 2007
Installation

Pratchaya Phinthong - if i dig a very deep hole…, 2007
Pratchaya Phinthong
if i dig a very deep hole…, 2007
Installation

Pratchaya Phinthong - Self-portrait, 2007
Pratchaya Phinthong
Self-portrait, 2007
Peinture murale

Pratchaya Phinthong - Self-portrait, 2007
Pratchaya Phinthong
Self-portrait, 2007
Peinture murale



Communiqué de Presse

Pratchaya Phinthong « if I dig a very deep hole » 8 septembre - 13 octobre 2007

Le travail de Pratchaya Phinthong active la zone dynamique entre deux réalités : deux points géographiques, deux sociétés, deux systèmes économiques. Ses projets se construisent souvent à partir d’un dialogue entre l'artiste et les autres, faisant glisser le geste artistique vers le champ social.

La pièce farawaysoclose, réalisée en 2001 pendant sa résidence à Frankfort, consistait à remplacer une pièce de deux euros par une pièce de dix bahts thaïlandais pour acheter dans les distributeurs de son école des cannettes de Coca-Cola. Au moment où le Deutsche Mark passe à l'euro, l'artiste cherche à trouver sa place et son identité en inversant les deux monnaies. En jouant sur les représentations économiques et culturelles existantes, son état évolue d'un statut minoritaire à une position d'égalité. Par conséquent, il investit l'espace (ses failles ou ses limites) déterminant la perception de l'autre.

Ephemeral Cinema, voiture électrique conçue en 2004 pour l'exposition « Here & Now » à Bangkok, interroge la fonction de l'institution artistique face au monde réel. Sculpture à l'intérieur du musée la journée (où ses batteries se rechargent), elle se transforme en cinéma mobile la nuit dans les rues de Bangkok. A nouveau, à partir de deux points distincts (l'espace préservé du musée et celui urbain et ouvert de Bangkok), l'artiste se donne la liberté de relier ces deux réalités données tout en soulignant l'intervalle qui les sépare. Cette pièce sera présentée dans les douves du Louvre, dans le cadre des projets extérieurs aux jardins des Tuileries pendant la Fiac 2007.

L'art semble être un outil encore plus manifeste dans sa portée sociale lorsque plus récemment il réalise en collaboration avec l'artiste Pattara Chanruechachai le projet Dong-na. Dong-na est un village très isolé dans le sud-est de la Thaïlande. A la question posée par les deux artistes : «que pourrions nous apporter à la communauté ? », les villageois leur ont demandé de construire une route. Pratchaya Phinthong leur a proposé de bâtir une bibliothèque et d'être ainsi connectés au reste du monde autrement. Afin de financer ce projet, il expose depuis, la maquette de la bibliothèque et vend les peintures représentant métaphoriquement son architecture. Il active ainsi un dialogue possible avec la réalité extérieure au monde de l'art et rend le collectionneur actif dans l'évolution de son entreprise.

En 2004, Pratchaya Phinthong fait un voyage de plusieurs mois, reliant Frankfort à Bangkok. A pied ou en train, c'est en fonction de découvertes, d'accidents ou de contraintes de parcours que ce voyage s'est construit, créant de fait son propre rythme. Tout au long de celui-ci, des images, des objets ont été glanés ou créés en relation avec des personnes rencontrées, qui témoignent de la réalité de ce déplacement, permettent d'en reconstituer les différentes étapes et d'en combler les manques. Ce projet a été montré en 2005 à gb agency lors de l'exposition « Petites compositions entre amis ». Le voyage est un élément structurant de son travail car il lui permet de déployer les limites entre sa propre identité et la perception collective.

L'expérience du déplacement est à nouveau le point de départ de l'exposition « if I dig a very deep hole ».

Un déplacement mental et physique à la fois composant une sorte d'autoportrait de l'artiste à Paris. if i dig a very deep hole… représente deux lunes sur un négatif inséré dans un mur. L'artiste a recherché quel était l'extrême opposé géographique de Paris si l'on pouvait tracer une ligne droite à travers le globe terrestre. Il est parti photographier la pleine lune dans les îles Chatham (Nouvelle-Zélande) avant de venir à Paris pour photographier cette même pleine lune. Le même motif, la même chose, deux endroits diamétralement opposés, deux expériences singulières, deux moments différents sont réunis dans ce dispositif. De cette expérience, il ne reste qu'un négatif éclairé qui amorce un développement narratif pour le spectateur et son imagination. La résolution formelle de ce long voyage apparaît en creux, avec une grande retenue, presque imperceptiblement.

Cette dualité récurrente chez Pratchaya Phinthong est reprise dans l'espace avec la deuxième pièce intitulée self-portrait. Une peinture murale sur laquelle on peut lire la phrase suivante : « please don't tell my mom, i smoke ». Matérialisation d'un secret de l'artiste refusant d'avouer qu'il fume à sa mère, ce portrait devient ainsi la projection d'un secret personnel partagé avec les spectateurs. A nouveau, l'espace de la galerie devient le lieu où l'intimité la plus cachée se confronte au reste du monde. Une zone libre où l'artiste cherche à se définir. Pratchaya Phinthong joue de cette opposition entre les deux pièces, créant une tension entre une confidence profonde et une image universellement partagée. Si la ‘révélation’ se projette spatialement dans la galerie, l'artiste a choisi de construire un espace plus intime pour présenter les lunes.

Pratchaya Phinthong crée ainsi une fente dans laquelle les spectateurs sont invités à entrer. Un voyage fait de souvenirs et de perceptions subjectives. En essayant de comprendre sa position d'artiste, il propose au spectateur une histoire aux entrées multiples.


Entretien

Entretien entre Pratchaya Phinthong (PP), Thanavi Chotpradit (Pong) et Yoann Gourmel (Y), réalisé à l'occasion de l'exposition « if I dig a very deep hole »

Pratchaya Phinthong (PP) : Nous sommes au Musée des Arts et Métiers à Paris. Dans la première salle au second étage où commence la visite, sont exposés en vitrines des objets qui montrent comment la Terre a été pensée et représentée, plate ou ronde et comment elle a été mesurée. On trouve donc de nombreux instruments de mesure et l’on peut suivre l’évolution de ces inventions qui ont déterminé la façon dont nous voyons le monde.

Devant un globe transpercé d’une flèche, reliant deux points diamétralement opposés à sa surface.

PP : Celui-ci aurait pu m’inspirer. Il prouve qu’à partir d’une certaine époque, on a admis l’existence d’une autre face de la Terre. Cela s’est accompagné d’une certaine volonté de la découvrir, voire de la coloniser, de la conquérir. (…)

Nous arrivons maintenant dans une salle qui m’intéresse beaucoup. Du côté gauche, on voit des vitrines qui montrent l’évolution de l’imprimerie depuis l’invention de Gutenberg, et du côté droit, les différentes inventions liées à la photographie, à l’image et à sa reproduction mécanique. On a donc, en parallèle, les lettres et les images qui se rejoignent plus loin avec l’apparition des médias de masse.

Ces machines me touchent car elles me rappellent mon enfance. Quand j’étais jeune, ma famille avait une imprimerie. Ils imprimaient des cartes, des faire-part de mariage, des avis de décès, toutes sortes de cartes. Ils les imprimaient de cette façon, avec ce type de machine. Mais les premières traces de l’imprimerie remontent aux pierres gravées.

Thanavi Chotpradit (Pong) : Mais les chronologies, les développements de l’imprimerie et de la photographie ne correspondent pas.

PP : Non, c’est un long processus, mais elles finissent par fusionner dans le temps. Il faut attendre l’invention et l’utilisation des produits chimiques pour le transfert de l’image photographique sur le papier. Avant cela, il s’agit de gravures et de lithographies. Mais ce que j’aime dans cette salle, c’est la mise en parallèle de ces deux développements. La lecture et la vision jusqu’à leur réunion dans les médias de masse : les journaux, la télévision, etc. (…)

Pong : C’est un beau musée, mais je ne comprends pas pourquoi ils ne montrent que des inventions européennes. Il n’y a rien qui vienne d’autres cultures. C’est trompeur et assez ethnocentrique.

PP : C’est vrai. En fait, c’est cette idée que le Musée te montre et t’explique les choses qui t’entourent avec plus ou moins de distance. (…) C’est un peu colonialiste, mais en ce qui concerne le mètre étalon, ce sont bien les Français qui l’ont inventé. Et c’est ce qui m’a poussé à venir dans ce musée.

Yoann Gourmel (Y) : Au début tu ne t’intéressais donc qu’aux objets de mesure et c’est ensuite le musée en tant que tel qui t’as intéressé.

PP : Oui, c’est comme un gros livre. Je me soucie peu de savoir qui a inventé quoi. Pour moi, ce sont davantage certains objets ou certaines salles qui vont faire échos avec ma propre histoire, comme la partie sur l’imprimerie par exemple. C’est aussi assez beau de voir comment le musée présente les choses et comment la perception que l’on peut en avoir peut changer en fonction de leur présentation.

Pong : Généralement quand on voit quelque chose, cela nous fait penser à autre chose. Chaque objet a une histoire à raconter que nous ne connaissons pas forcément. Ou qui est différente pour chaque individu.

Y : C’est ce qu’essaie de faire ce musée. Qui doit aussi composer avec des manques. Comme dans la salle sur l’imprimerie.

PP : Oui, je pense que cela revient à déterminer quel type d’objets ou d’informations présenter. Quelle distance établir avec le spectateur.

Pong : Faire le choix de présenter quelque chose, c’est aussi faire le choix de ne pas présenter quelque chose d’autre. Il y a forcément des manques à combler par le spectateur.

Y : Et ces manques ne seront pas comblés de la même façon par les différents visiteurs. Chacun doit composer avec sa propre histoire, ses propres connaissances. (…)

PP : J’aime l’organisation de ce Musée parce qu’il montre des objets en expliquant d’où ils viennent, dans quelle histoire ils s’inscrivent. Par exemple dans la salle où l’histoire de l’imprimerie fait face à celle de l’image reproductible pour finir par se rejoindre. En général, je crois que tout est relié à quelque chose, que tout est interconnecté. Mais pour en revenir aux œuvres de l’exposition et notamment à l’œuvre avec les deux lunes, il y a une tentative d’établir des différences au sein de similarités. Bien sûr si tu creuses un grand trou dans la Terre, il y aura juste un grand trou et ce n’est pas ce qui m’intéresse. Ce qui m’intéresse, c’est de provoquer la pensée de ce trou et la possibilité mentale de déboucher de l’autre côté de la Terre.

Pong : Oui, mais toi, tu en as fait l’expérience. Ce n’est pas seulement mental. Tu es allé à l’extrême opposé géographique de Paris sur les îles Chatham. En quelque sorte, tu as physiquement éprouvé ce trou. Tu aurais pu choisir une image ready-made de la lune dans les îles Chatham et une autre à Paris et les assembler conceptuellement, mais tu es allé les photographier toi-même. C’est donc aussi une expérience physique.

PP : Oui, c’est pourquoi cette pièce est une installation à travers laquelle j’essaie de matérialiser cette expérience. Qu’y a-t-il de l’autre côté de la Terre ? Qu’y a-t-il de l’autre côté du mur ? Qu’y a-t-il à l’intérieur de vous-même ?

J’essaie de transcrire à travers cette installation ma propre expérience physique « de l’autre côté ». Mais en fait, de l’autre côté, c’est devenu en quelque sorte la même chose que de ce côté-ci. Les deux petites photographies présentées l’une au-dessus de l’autre sont également pensées en ce sens. L’autre pièce est également basée sur mon espace intérieur.

Pong : Quelle est ta relation à l’image ? Pourquoi utiliser des négatifs, des transparents ?

PP : Ce qui est important pour moi, c’est l’idée du processus photographique et du matériau lui-même utilisé comme tirage, comme image.

Tu prends une photographie d’un côté, tu passes d’un autre côté et tu prends la même image. C’est donc plus une question de temps, d’échelle, de distance de pensée. Je ne voulais pas un grand tirage. Je voulais quelque chose de très simple. La lune est la même partout même si on peut la percevoir de différentes façons. C’est aussi pourquoi je voulais que cette œuvre reste ouverte. Comme une invitation.

Pong : Le visiteur a donc beaucoup d’espace dans cette exposition.

PP : Oui. Ces deux petites choses qui semblent identiques peuvent activer beaucoup d’histoires différentes pour chacun.

Y : Qu’en est-il de l’autre pièce intitulée Self-portrait, où tu partages quelque chose de peut-être plus personnel avec le visiteur ?

PP : J’aime cet intervalle avec d’un côté, une pièce avec très peu d’informations et de l’autre des lettres peintes qui forment un message très personnel que je partage et qui peut faire appel à la mémoire et aux souvenirs de chaque visiteur. On peut aussi percevoir ces lettres de plusieurs façons, un message écrit sur un mur, de la peinture, etc. Mais cette phrase Please don’t tell my mom I smoke est aussi une invitation faite au visiteur à partager quelque chose avec moi. Ces deux positions forment ainsi un tout qui pousse à se demander ce qui se passe derrière le mur, ce qui se passe à l’intérieur de chacun d’entre nous.

Pong : Ce dialogue entre les œuvres crée aussi une tension. La résolution de chaque œuvre est formellement très neutre. Même si le message est très personnel, les lettres sont typographiées, elles ne sont pas écrites par ta main. Ces œuvres m’évoquent en quelque sorte des boîtes de Pandore. Si on les ouvre, on trouve beaucoup d’histoires mais on ne peut pas vraiment les ouvrir car formellement tu as décidé de les laisser fermées. C’est pourquoi le spectateur a beaucoup d’espace, c’est à lui d’ouvrir ces boîtes.

PP : Oui, ces boîtes sont vos boîtes. J’aime jouer avec cette idée de quelque chose qui manque, d’une distance à combler. Ce qui compte dans cette exposition, c’est qu’il n’y ait pas beaucoup de choses à voir et que le visiteur passe par cet espace vide entre les œuvres en entrant dans la galerie.