Si vous n'êtes pas redirigés automatiquement, cliquez ici
![]()
Mac AdamsProgramme
Robert Breer
Elina Brotherus
Omer Fast
Ryan Gander
JĂșlius Koller
Mark Geffriaud
Jiri Kovanda
Deimantas Narkevicius
Roman OndĂĄk
Dominique Petitgand
Pratchaya Phinthong
Pia Rönicke
Yann Sérandour
ProchainementAilleursOmer Fast "Nostalgia"En cours
Archives2010FoiresBoth Before and After2009
The Boy Who Cried Wolf (Lefty Loosey, Righty Tighty)
Elina Brotherus, "Artists at Work"
Elina Brotherus, "Rétrospective"Deimantas Narkevicius2008
"LĂ oĂč les eaux se mĂȘlent"
Pratchaya Phinthong "What I learned I no longer know; the little I still know, I guessed"
"Nord, Nord-Ouest"
Roman OndĂĄk "Fluid Border"
Ryan Gander « Itâs a right Heath Robinson affair » (A stuttering exhibition in two parts)
Mark Geffriaud « Si lâon pouvait ĂȘtre un Peau-Rouge »
Berlin-Paris, un échange de galeriesYann Sérandour « Weiss »2007
Pia Rönicke & Zeynel Abidin Kizilyaprak «An Usual Story from a Nameless Country»
« Faces »
Jiri Kovanda «Two Cushions»
Omer Fast «De Grote Boodschap»« Cinematic Panorama »2006
Elina Brotherus
Pratchaya Phinthong «if I dig a very deep hole»
Julius Koller «Space is The Place»
Mac Adams «07-70»
« The Last piece By John Fare »
« Time Flies »Dominique Petitgand «Quelquâun par terre (Someone one the ground)»2005
Pia Rönicke «Rosa's Letters - Telling a Story»
« Jiri Kovanda VS Reste du monde (Tentatives de Rapprochement) »
Roman Ondåk «More Silent Than Ever»
« Outside The Living Room »
Deimantas Narkevicius «Instead of Today»
Omer Fast «Godville»« Petites Compositions entre amis - Séquence 3 »2004
« Petites Compositions entre amis - Séquence 2 »
« Petites Compositions entre amis - Séquence 1 »
Elina Brotherus «Model Studies»Pia Rönicke «Without a Name»2003
Loris Gréaud «Ending Introduction»
Robert Breer
Alban Hajdinaj «My Home is Your Home»« Links »2002
« Present Perfect »
Roman Ondåk «Talker»Mac Adams «Beneath The Shadow»2001
Omer Fast
Deimantas Narkevicius
Dominique PetitgandRobert Breer
Elina Brotherus «Suites françaises 2»
« Hors-jeu »Art 41 Basel
ArchivesIndependent
Art 40 Basel
Art Basel Miami Beach
FIAC, Paris
The Fair Gallery > Frieze Art Fair
Mac AdamsLiens
Robert Breer
Elina Brotherus
Omer Fast
Ryan Gander
Mark Geffriaud
JĂșlius Koller
Jiri Kovanda
Deimantas Narkevicius
Roman OndĂĄk
Dominique Petitgand
Pratchaya Phinthong
Pia Rönicke
Yann Sérandour
Mac AdamsProgram
Robert Breer
Elina Brotherus
Omer Fast
Ryan Gander
Mark Geffriaud
JĂșlius Koller
Jiri Kovanda
Deimantas Narkevicius
Roman OndĂĄk
Dominique Petitgand
Pratchaya Phinthong
Pia Rönicke
Yann Sérandour
UpcomingOffsiteOmer Fast "Nostalgia"Current
Archives2010FairsBoth before and after2009
The Boy Who Cried Wolf (Lefty Loosey, Righty Tighty)
Elina Brotherus "Artists at Work"
Elina Brotherus, "Retrospective"Deimantas Narkevicius2008
Where water comes together with other water
Pratchaya Phinthong "What I learned I no longer know; the little I still know, I guessed"
Nord, Nord-Ouest
Roman OndĂĄk "Fluid Border"
Ryan Gander "Itâs a right Heath Robinson affair" (A stuttering exhibition in two parts)
Mark Geffriaud "If one were only an Indian"
Berlin-Paris, a gallery exchangeYann Sérandour "Weiss"2007
Pia Rönicke & Zeynel Abidin Kizilyaprak "An Usual Story From a Nameless Country"
"Faces"
Jiri Kovanda "Two Cushions"
Omer Fast "De Grote Boodschap""Cinematic Panorama"2006
Elina Brotherus
Pratchaya Phinthong "if I dig a very deep hole"
Julius Koller "Space is The Place"
Mac Adams "07-70"
"The Last Piece by John Fare"
"Time Files"Dominique Petitgand2005
Pia Rönicke "Rosa's Letters- Telling a Story"
Jiri Kovanda "Jiri Kovanda vs Reste du Monde (Tentatives de rapprochement)"
Roman OndĂĄk "More Silent Than Ever"
"Outside The Living Room"
Deimantas Narkevicius "Instead of Today"
Omer Fast "Godville""Petites compositions entre amis - Sequence 3"2004
"Petites compositions entre amis - Sequence 2"
"Petites compositions entre amis - Sequence 1"
Elina Brotherus "Model Studies"Pia Rönicke "Without a Name"2003
Loris Greaud "Ending Introduction"
Robert Breer
Alban Hajdinaj "My Home is Your Home""Links"2002
"Present Perfect"
Roman OndĂĄk "Talker"Mac Adams "Beneath the Shadow"2001
Omer Fast
Deimantas Narkevicius
Dominique PetitgandRobert Breer
Elina Brotherus "Suites Françaises 2"
"Hors-Jeu"ArchivesIndependentArt 41 Basel
Art 40 Basel
Art Basel Miami Beach
Fiac, Paris
The Fair Gallery > Frieze Art Fair
Mac AdamsLinks
Robert Breer
Elina Brotherus
Omer Fast
Ryan Gander
Mark Geffriaud
JĂșlius Koller
Jiri Kovanda
Deimantas Narkevicius
Roman OndĂĄk
Dominique Petitgand
Pratchaya Phinthong
Pia Rönicke
Yann Sérandour
Sculpteur de formation, Deimantas Narkevicius a dĂ©veloppĂ© par la suite un travail sur la narration Ă travers le film et la vidĂ©o. Le sujet central de cette Ćuvre est lâexploration de lâHistoire Ă partir dâun point de vue vivant et subjectif. Deimantas Narkevicius observe lâHistoire rĂ©cente comme une mĂ©thode de travail. Il choisit dâen apprĂ©hender certains moments afin de mieux comprendre les phĂ©nomĂšnes physiques et psychologiques de notre contemporanĂ©itĂ©. Cette recherche remet en question de façon permanente sa propre position.
Dans lâĆuvre, âHis- Storyâ, installation Ă partir de films, Deimantas Narkevicius raconte une periode de son pays Ă travers une perspective individuelle formulĂ©e librement, tout en gardant le mode du documentaire. Deimantas Narkevicius joue du double sens du terme histoire, mettant en relation son histoire personnelle avec celle de son pays. Il relate lâexpĂ©rience de son pĂšre qui, occupant un poste hiĂ©rarchiquement Ă©levĂ© au sein de la bureaucratie lituanienne, a Ă©tĂ© dĂ©mis de ses fonctions du jour au lendemain. Afin de ne pas avoir Ă se justifier, lâEtat a prĂ©fĂ©rĂ© le dĂ©clarer malade mental et le faire interner. La narration dans cette Ćuvre est insolite car lâartiste alterne continuellement des fragments du passĂ© et du prĂ©sent, tout en utilisant des impressions de dĂ©jĂ -vu.
Deimantas Narkevicius dĂ©construit la linĂ©aritĂ© de lâhistoire. Lâappartenance Ă la fois au passĂ© et au prĂ©sent de la narration est rĂ©affirmĂ©e par lâutilisation de techniques et de principes stylistiques des films amateurs des annĂ©es 1970. Ces ârĂ©cits-documentairesâ rĂ©alisĂ©s avec des Ă©quipements anciens renvoient au cinĂ©ma de propagande de lâĂšre soviĂ©tique. Cette mixitĂ© de moyens technologiques transpose lâaction du film dans un espace- temps indĂ©fini.
Le titre de lâĆuvre âEnergy Lithuaniaâ reprend le nom dâune centrale Ă©lĂ©ctrique nationale autour de laquelle une ville a Ă©tĂ© construite de maniĂšre totalement artificielle dans les annĂ©es 1960. Deimantas Narkevicius a grandi en mĂȘme temps que ces utopies urbaines, ces illusions idĂ©ologiques, ces symboles de dĂ©veloppement Ă©conomique. Aujourdâhui, la centrale nâest plus viable Ă©conomiquement et la citĂ© est devenue une ville fantĂŽme. Les gens continuent Ă y vivre comme si le temps sây Ă©tait arrĂȘtĂ©. La citĂ© Ă©lĂ©ctrique est devenue un souvenir. Deimantas Narkevicius extrait cette ville du passĂ©, comme une matiĂšre intacte quâil retravaille Ă travers son rĂ©cit. Lâartiste connaĂźt parfaitement les codes visuels des documentaires de propagande diffusĂ©s Ă la tĂ©lĂ©vision Lituanienne. Il en joue et les recycle dans lâhistoire contemporaine qui juge cette pĂ©riode passĂ©e.
âLegend coming trueâ, film tournĂ© en super 8, raconte le rĂ©cit dâune femme qui a survĂ©cu au ghetto de Vilnius. Le long monologue accompagne les quatre jours de tournage en plans fixes sur des bĂątiments oĂč ombres et lumiĂšres, nuit et jour, se condensent en une heure de film (grace Ă lâemploi dâune image par minute). Le narrateur raconte lâhistoire du XXe siĂšcle pendant le temps de sa propre vie. Lâexistence collective de la communautĂ© est ici retranscrite Ă travers la voix dâune femme. Lâaspect biographique de la narration nous fait rĂ©flĂ©chir sur la maniĂšre de raconter lâHistoire. La volontĂ© de montrer une Ćuvre traitant de lâholocauste est une tentative de faire naĂźtre une discussion publique dans un contexte local afin dâavoir une vĂ©ritable vision sur lâavenir. Ainsi la projection du film sâest faite en prĂ©sence des habitants de Vilnius de cette gĂ©nĂ©ration.
LâĆuvre âEurope 54° 54â- 25° 19ââ, film 16 mm couleur, montre lâartiste au volant dâune voiture et accompagnĂ© dâun cadreur. Il quitte son appartement et se rend Ă quelques kilomĂštres de lĂ , dans le centre gĂ©ographique de lâEurope. Le film retrace le voyage. La voix de lâartiste est enregistrĂ©e sur une bande son distincte. Le centre de lâEurope ici ne reprĂ©sente pas un espace gĂ©ographique physique mais davantage une construction idĂ©ologique. En effet, pendant lâĂšre communiste, la notion mĂȘme de cĆur de lâEurope nâĂ©tait pas envisageable.
Deimantas Narkevicius considĂšre lâHistoire comme un matĂ©riau vivant. Une Ćuvre dâart, selon lui, peut toujours ĂȘtre lue comme un questionnement sur dâautres pratiques. Câest dans cet interstice quâil choisit de situer son travail.
Expositions personnelles
2010
The Unanimous Life, Brandts Kunsthallen, Odense
2009
Deimantas Narkevicius, gb agency, Paris.
Deimantas Narkevicius, BFI Southbank Gallery, British Film Institute, Londres.
The Unanimous Life, Kunsthalle, Bern
The Unanimous Life, Van Abbemuseum, Eindhoven.
Deimantas Narkevicius, Mamco, GenĂšve (projet en cours 2009/2010).
The Dud Effect, Mala Galerija (Museum of Modern Art), Ljubljana.
2008
The Unanimous Life, Museo Nacional Centro De Arte Reina Sofia, Madrid.
Jan Mot, Bruxelles.
Galerie Barbara Weiss, Berlin
Genius Seculi, The Center of Contemporary Art, Thessaloniki.
2007
The Role of a Lifetime, Index, Stockholm.
History Continued, MĂŒcsarnok Kunsthalle, Budapest.
Revisiting Solaris, Contemporary Art Centre, Vilnius.
Revisiting Solaris, Daadgalerie, Berlin
Among the Things We Touched, Secession, Vienne.
The Documentary FilmPlatform ZONE, The Arts Center Buda, Kortrijk; The University Movie Theater Film Plateau, Ghent; MuHKA media, Antwerpen.
2006
Screening, Musée National d'Art Moderne, Centre Pompidou, Paris.
This not What you See, Gallery of Contemporary Art Bunkier Sztuki, KrakĂłw.
Plug In, Van Abbemuseum, Eindhoven.
Once in the XX Century, Arnolfini, Bristol.
Galerie fĂŒr Zeitgenössische Kunst, Leipzig.
Instead of Today, gb agency, Paris.
2005
Once in the XX Century, Akademie der Kunst, Berlin.
2004
Two Sculptures, CAC, Contemporary Art Center, Vilnius.
Films screening, Tate Modern, Londres.
Foksal Gallery, Warsaw.
Galerie der Stadt ,Schwaz, Tirol.
Deimantas Narkevicius Screenings, Roseum Contemporary art Center, Malmö.
Legend Coming True, Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, Paris.
2003
The Role of a Lifetime, Art and Sacred Places, St. Peters Church, Brighton.
Kaimietis, Jan Mot, Bruxelles.
Either True or Fictitious, Frac des Pays de la Loire, Carquefou.
Energy Lithuania, LISTE 03, gb agency, Basel.
2002
gb agency, Paris.
Deimantas Narkevicius' Project, Kunstverein, Munich.
2001
Energy Lituania, Jan Mot, Bruxelles.
Pavillon Lituanien, 49Ăšme Biennale de Venise, Venise.
One day film and video screenings, Moderna Museet, Stockholm.
2000
8 x 16 x 35, Contemporary Art Centre, Vilnius.
1994
Unforced Reality, Akademija Gallery, Vilnius.
Expositions collectives
2010
Into the Unknown, Ludlow 38, New York.
The Promises of the Past, 1950â2010, Centre Pompidou, Paris.
Che Cosa Sono Le Nuvole, Museion, Bolzano.
The past is a foreign country, Centre of Contemporary Art Znaki Czasu, Torun.
The Future under Communism, Star City, Nottingham Contemporary, Nottingham.
Documentalist, Collective Gallery, Edinburgh.
2009
Building Memory: four films about architecture, monuments, and community, Contemporary Art Center, Vilnius.
3xYES, Latest acquisitions to the collection, Museum of Modern Art Warsaw, Warsaw.
Urban Stories, The X Baltic Triennial of International Art, CAC, Vilnius.
What Keeps Mankind Alive? 11th Istanbul Biennial, Istanbul.
XVI. Rohkunstbau: ATLANTIS I, Hidden Histories - New Identities, Schloss Marquardt, Potsdam.
Les visages du mal, BWA Contemporary Art Gallery, Katowice (Ă venir).
Time As Matter, MACBA Collection, New Acquisitions, MACBA, Barcelone.
Monument To Transformation 1989 - 2009, City Gallery, Prague.
Pierre Bismuth, Mario Garcia Torres, Annette Kelm, Deimantas Narkevicius, Jan Mot, Bruxelles.
El Pasado En El Presente Y Lo Propio En Lo Ajeno, LABoral Centre for Art and Creative Industries, GijĂłn (Asturias), Espagne.
At Your Service, David Roberts Art Foundation, Londres.
Vidéos Europa, Le Fresnoy, Tourcoing.
DocPoint, Helsinki Documentary Film Festival, Helsinki.
FrontiĂšres invisibles, Lille3000, Tri postal, Lille.
2008
For the First and the Second Time, CAC, Vilnius.
RITORNELL. Neun Geschichten, Galerie im Taxispalais, Innsbruck.
Questioning History, Nederlands Fotomuseum, Rotterdam.
U-Turn, Quadrennial for Contemporary Art, Copenhagen.
Friction and Conflict, Kalmar Konstmuseum, Kalmar.
For Your Eyes Only on tour 2008/2009, Collections Frac Nord - Pas de Calais: Fundacio Sunol, Barcelone; Netwerk, Centrum voor hedendaagse kunst, Aalst; Shanghai Zendai Moma, Shanghai; Venice Video Art Fair, Venice; Le Fresnoy, Tourcoing; Lothringer 13, StĂ€dtische Kunsthalle MĂŒnchen.
Lieux de vie - Mémoire et phantasme de l'enracinement, Abbaye Saint-André, Centre d'art contemporain, Meymac.
ArtFocus 2008, International Biennial of Contemporary Art, cur. Bernard BlistĂšne & Ami Barak, Jerusalem.
Screening, Cinema Indeed - Narratives and Projections, Institute ItaĂș Cultural, SĂŁo Paulo.
The Greenroom, The Hessel Museum and The Center for Curatorial Studies at Bard College, Annandale-on-Hudson.
WANĂ S 2008: Loss, The WANĂ S Foundation, Knislinge.
Like an Attali Report, but Different, Kadist Art Foundation, Paris.
The Vincent Award 2008, Stedelijk Museum, Amsterdam.
You Are My Mirror 2 : les lendemains n'ont pas chanté, 49 NORD 6 EST - Frac Lorraine, Metz.
Modern Ruin, Gallery of Modern Art, Brisbane.
Fusion / Confusion, Museum Folkwang, Essen.
Art Sheffield 08: Yes, No & Other Options, Sheffield.
Screenings, Pro Arte Foundation, Helsinki.
Working Men, Galerie Analix Forever, GenĂšve.
2007
Macba im Frankfurter Kunstverein, Frankfurt.
Du Machinique et du Vivant, La Réserve, Pacy sur Eure.
Cine y Casi Cine, Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, Madrid.
So close, so far away, H+F collection, Platform voor Actuel Kunst, Waregem.
Contour 2007, Third biennial for video art, Mechelen.
Future in the Past, Slovenian Pavilion, The 52nd International Art Exhibition Venice Biennial, Venice.
Skulptur Projekte MĂŒnster 07, MĂŒnster.
Pensée Sauvage, Kunstverein Frankfurt.
Deimantas Narkevicius and JĂčlius Koller, Art Premiere, gb agency, Art 38, Basel.
Urban Connection II, Domaine de Chamarande, Chamarande.
The Art of Failure, Kunsthaus Baselland, Basel.
Der Prozess, Collective Memory and Social History, Prague Biennale 3, Prague.
53rd International Short Film Festival Oberhausen, Oberhausen.
Revolution, Centre d'Art Contemporain, La Passerelle, Brest.
Anachronism, Argos, Bruxelles.
So Close So Far Away, Crac Alsace, Altkirch.
2006
Plug In #1, Van Abbemuseum, Eindhoven.
The Last Chapter-Trace Route: Remapping Global Cities, The 6th Gwangju Biennale, Gwangju.
Histoire(s), Le Grand Café, Saint-Nazaire.
Happy Believers, 7th Werkleitz Biennal,Volkspark Halle.
Une vision du monde, La collection vidéo de Jean-Conrad et Isabelle Lemaßtre, Maison Rouge, Paris.
35th International Film Festival, Rotterdam.
Biennale CuvĂ©e, O.K Centrum fĂŒr Gegenwarstskunst, Center for Contemporary Art, Linz.
2005
Soft Target, BAK, Utrecht.
Delicious, Sint-Truiden
Petites Compositions entre amis, Séquence 2, gb agency, Paris.
Black Market Worlds, The 9th Baltic Triennial, CAC, Vilnius.
Prague Biennial, Czech National Museum, Prague.
The Invisible Insurrection of a Million, Sala Rekalde, Bilbao.
Do Not Interrupt Your Activities, Royal College of ArtGalleries, Londres.
MĂ©moires vives / Schwindel GefĂŒhle, Plattform, Berlin.
Video Rental, e-flux space, New York.
2004
Busan Biennale, Busan, Corée.
Time and Again, Stedelijk Museum, Amsterdam.
Instant Europe, Villa Manin Centro d'Arte Contemporanea, Udine.
The Future is not what it used to be, Galerie fĂŒr Zeitgenössische Kunst,Leipzig.
Brainstorming, topographie de la morale, Centre d'Art Contemporain, VassiviĂšre.
Focus on D. Narkevicius, 33rd International Film Festival Rotterdam.
Films by Anna Klamroth & Deimantas Narkevicius, Dundee Contemporary Arts, Dundee.
Utopia Station Posters, DasTAT/Bockenheimer Depot, Frankfurt.
The Role of a Lifetime, Second Video Festival, Kunstverein Muenchen, Munich.
2003
Now What, Dreaming a better world in six parts, BAK, Basis Voor Actuele Kunst, Utrecht.
Utopia Station Posters, Haus der Kunst, Munich; Museum in Progress, Vienne.
Links, gb agency, Paris.
Utopia Station, 50Ăšme Biennale de Venise, Venise.
Déplacements, ARC, Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Paris.
Nouvelles acquisitions, Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Paris.
Bareikis/Narkevicius, National Gallery Zacheta, Varsovie.
Opening show, Die BrĂŒcke, Kölnischer Kuntverein, Cologne.
Exposing Cinema, International Film Festival, Rotterdam.
2002
Die Aufgabe der Zeit, Kunstverein, Munster.
Museum in Progress, Galleria Continua, San Gimignano.
Nuits blanches, screening, Plus qu'une image, Paris.
Détours, screening, Frac Basse-Normandie, Caen.
Mare Balticum, National Museum of Denmark, Copenhague.
The 8th Baltic Triennial of International Art Centre of Attraction?, Old Printing House, Vilnius.
Platform of Encounters, Contemporary Art Center, Vilnius.
The Baltic Times, Gallerie im Taxipalais, InnsbrĂŒck.
Parc HumĂ , una exposicio de criatures globals, Institut de Cultura Palau de la Virreina, Barcelone.
What is cinema, 31st International Festival, Rotterdam.
2001
AusgetrÀumt..., Secession, Vienne.
Wonder World, Kleines Helmhaus, ZĂŒrich.
Oh Europe, The Netherland Foto Instituut, Rotterdam.
Affinités Narratives, gb agency, Paris.
Egzotika, Contemporary Art Center, Vilnius.
2000
Innocent Life, Contemporary Art Centre, Vilnius.
Inverse Perspectives, EDSIK, Stockholm.
Re: songlines, Halle fur Kunst, Luneburg.
Central Station, Milch Gallery, Londres.
1999
After the Wall, Moderna Museet, Stockholm.
Lithuanian Art 1989-1999: The Ten Years, Contemporary Art Centre, Vilnius.
Signs of Life, Melbourne International Biennial, Melbourne.
Near and Elsewhere, The Photographers' Gallery, Londres.
1998
Utopia, Chateau de Beaumanoir, Le Leslay.
Manifesta 2, Biennale Européenne d'Art Contemporain, Luxembourg.
Cool Places, 7th Triennial of Contemporary Baltic Art, Contemporary Art Centre, Vilnius.
1997
Ground Control, Baconsfield, Londres.
Invasion, International Saaremaa Biennial, Kuressare, Saaremaa.
Footnotes, Municipal Museum, Reykjavik.
Focus: Vilnius, Galerie im Trudelhaus, Baden.
1996
For Survival, Experience, Feeling, Contemporary Art Centre, Vilnius.
Personal Time, Art of Estonia, Latvia and Lithuania 1945-1996, The Zacheta Gallery of Contemporary Art, Warsaw; Exhibition Hall, Saint-Petersbourg.
Subordination, Contemporary Art Centre, Vilnius.
1995
Compulsive Objects, Gallery Rubicon, Dublin.
1995: Art in Lithuania, Contemporary Art Centre, Vilnius.
Mundane Language, ville de Vilnius.
ARTEST, Kunsthalle Palazzo, Liestal.
1994
Non-recurring, Contemporary Art Center, Vilnius.
Bread and Salt, Contemporary Art Center, Vilnius; Edinburgh College of Art (1995); Cornehouse, Manchester (1996).
1993
The Delfina Studio Trust: Summer Exhibition, Londres.
Between Sculpture and Object in Lithuania, Contemporary Art Center, Vilnius.
Good Evils, Picture Gallery, Kaunas.
1992
Forma Anthropologica, Tallinn Art Hall, Tallinn.
Mare Balticum, Nordic Art Center, Helsinki.
The Delfina Studio Trust: Winter Exhibition, Londres.
1991
Europe Unknown, TPSP Exhibition Hall, Cracovie.
2009
Kaleidoscope #3, Reconstructing Reality, par Cecilia Canzani, septembre - octobre.
Artpress, #354, Lâambivalence des images, par Vivian Rehberg, mars.
Metropolis M, Deimantas Narkevicius, Memory and Document in Times of Repression, par Dominic van den Boogerd, février - mars.
Artforum, Deimantas Narkevicius, par André Rottmann, février.
2008
Frieze, Deimantas Narkevicius, par Emily Verla Bovino, décembre.
Exit Express, #40, D. Narkevicius, The Dud Effect, par Noemi Smolik, décembre.
TAZ Berlin, 10 décembre.
Der Tagesspiegel, Nr. 20 100, 29 novembre.
Catalogue The Unanimous Life / La Vida Unanime, Museo Nacional Centro De Arte Reina Sofia, Madrid; Van Abbemuseum, Eindhoven.
Catalogue Genius Seculi, The Center of Contemporary Art, Thessaloniki.
Catalogue Can Art Do More?, Art Focus 2008, International Biennial of Contemporary Art, Jerusalem.
2007
Catalogue PensĂ©e Sauvage, Frankfurter Kunstverein, Revolver, Archiv FĂŒr Aktuelle Kunst.
A Prior Magazine, n°14, Special issue, texte par Jean-Pierre Rehm et conversation entre Deimantas Narkevicius et Larissa Harris.
Untitled, n°43, Conversation with Melissa Ground, automne.
Art Press, n°335, Skulptur Projekte MĂŒnster 07, juin.
Catalogue Skulptur Projekte MĂŒnster 07, Buchhandlung Walther König, Köln.
Catalogue Future is the Past, Slovenian Pavillon, Venice Biennale.
Catalogue Anachronism, cur. Elena Filipovic, Argos, Bruxelles.
2006
Catalogue Deimantas Narkevicius, This is not what you see..., Bunkier Sztuki, Cracow.
Catalogue Deimantas Narkevicius, Once in the XX Century, Arnolfini, Bristol.
Catalogue When Sky Was Sea, Galerie der Stadt Schwaz, 1998-2005, Vienne.
Flair, n°4, Deimantas Narkevicius par Laura Incardona, avril.
Art Forum International, Deimantas Narkevicius, Akademie der KĂŒnste, par Jennifer Allen, mars.
Le Monde, Deimantas Narkevicius, gb agency par Bérénice Bailly, 11 mars.
Vogue Paris, n°865, Vraie Fiction par Frédéric Bonnet, mars.
Le Monde, Le cercle restreint des collectionneurs d'art vidéo par Bérénice Bailly.
Art Forum International, Deimantas Narkevicius by Jennifer Allen, March.
Der Tagesspiegel, Deimantas Narkevicius, 23 janvier.
Zitty Berlin, Deimantas Narkevicius at Akademie der KĂŒnste, 11 janvier.
TIP Berlin, Chlaufen der Zeit, 29 décembre - 11 janvier.
2005
Zitty Berlin, Verdammt Lang Her, by Claudia Wahjudi, 8 décembre.
Catalogue Experience Memory, Re-Enactment, published by Piet Zwart Institute, Willem de Kooning Academy, Rotterdam and Revolver, Archiv fĂŒr Aktuelle Kunst.
Time Out London, Interruption par Sarah Kent, 20-27 avril.
Catalogue Do Not Interrupt Your Activities, Royal College of Art Galleries, Londres.
Catalogue Time and Again, Stedelijk Museum, Amsterdam.
1+1+1, Some notes on the work of Deimantas Narkevicius, par Lisa Panting, Issue One, printemps.
Cac Interviu Magazine, Those were the days, my friend par Simon Rees.
2004
Catalogue Instant Europe, Villa Manin, Centro d'Arte Contemporanea, Udine.
2003
Catalogue Deimantas Narkevicius, The Role of a Lifetime, Art & Sacred Places, Brighton, texte par Jan Verwoert.
Catalogue Utopia Station Posters, Haus der Kunst, Munich; Museum in Progress, Vienne.
Flash Art, D. Narkevicius Interview par Hans-Ulrich Olbrist, octobre.
Catalogue Utopia Station, 50th Venice Biennale, Venice.
Catalogue Déplacements, ARC, Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Paris.
Frieze, n° 72, Home Truths, How do you portray a historical crisis? par Jan Verwoert, janvier - février
Beaux-Arts Magazine, Dix vidéastes en vue, par Françoise-Aline Blain, janvier.
2002
Kunstverein MĂŒnchen Magazine, Deimantas Narkevicius' Project, par Maria Lind, automne.
Features, online magazine, Interview Deimantas Narkevicius par Hans Ulrich Obrist, décembre.
Kunstbulletin, Ohne BemĂŒhen um politische Wirkung oder exotische Effekte, par Liutauras Psibiliskis, juin.
Catalogue Parc HumĂ , una exposicio de criatures globals, Institut de Cultura Palau de la Virreina, Barcelone.
Le Monde, Des histoires dans l'histoire d'un vidéaste lituanien par GeneviÚve Breerette, 14 - 15 avril.
Paris-art.com, online magazine, Deimantas Narkevicius par Silvia Cazacu.
Aden, Deimantas Narkevicius: L'impasse oblige à réfléchir, par Emmanuelle Lequeux, 20-26 mars.
Journal des Arts, par Fabienne Fulcheri, avril.
2001
Catalogue AusgetrÀumt..., Secession, Vienne.
Kunstbulletin, D. Narkevicius im Lituanichen Pavillon, par Patricia Grzonka.
Le Journal du CNP, n°15, par François Piron.
Metropolis M, n°4, par Domeniek Ruyters.
Catalogue Lithuanian Pavillon, Venice Biennale, Venice.
NU : The Nordic Art Review, n°2, State of Art par Lolita Jablonskiene.
NU : The Nordic Art Review, n°1, Innocent Life par Liutauras Psibilskis.
Postmediamagazine, www.postmediamagazine.com, Legend Coming True par Emanuela De Cecco.
1999
Gallery Magazine, Great 24, The Photographers' Gallery, London, Near and Elsewhere par Kate Bush, juin - août.
Catalogue After the Wall, Moderna Museet, Stockholm.
Catalogue Melbourne International Biennial, Signs of Life par Juliana Engberg.
1998
Siksi, The Nordic Art Review, XIII, n°3-4, Travels beyond time and space par Liutauras Psibilskis.
Catalogue Manifesta 2, European Biennale, Luxembourg, Deimantas Narkevicius par Raimundas Malasauskas & Jonas Valatkevicius.
2009
Artforum, "Deimantas Narkevicius", texte de Rahma Khazam, Décembre
Kaléidoscope, # 3, "Reconstructing reality, The subjective documentaries on Deimantas Narkevicius, par Cecilia Caziani, Septembre-Octobre
Arte e critica, #59, "Deimantas Narkevicius. Gatherer of stars and ruins", texte de Paolo Emilio Antognoli.
Metropolis M, #1, "Deimantas Narkevicius : Memory and Document in Times of Repression", texte de Dominic van den Boogerd, février - mars.
Artpress, #354, "Lâambivalence des images", texte de Vivian Rehberg, mars.
Artforum, "Deimantas Narkevicius", texte de André Rottman, Février
2008
Frieze, "Deimantas Narkevicius", review par Emily Verla Bovino, décembre.
2007
A Prior Magazine, #14, Special issue, texte de Jean-Pierre Rehm et conversation de Deimantas Narkevicius avec Larissa Harris.
Untitled, #43, "Conversation with Melissa Ground", automne.
2006
Art Forum International, "Deimantas Narkevicius, Akademie der KĂŒnste", texte de Jennifer Allen, mars.
Le Monde, "Deimantas Narkevicius, gb agency", texte de Bérénice Bailly, 11 mars.
2005
Cac Interviu Magazine, "Those were the days, my friend...", interview par Simon Rees.
2003
Flash Art, "Deimantas Narkevicius, Against Monumentality", interview par Hans-Ulrich Olbrist, octobre.
Frieze, #72, "Home Truths, How do you portray a historical crisis?", texte de Jan Verwoert, janvier / février.
Le terme âAusgetraĂŒmtâ ne possĂšde pas de traduction exacte en français mais il dĂ©signe un Ă©tat entre rĂȘve et rĂ©alitĂ© qui survient quand on est sur le point de se rĂ©veiller.
âLe thĂšme de ce film est la naĂŻvetĂ©. Je comprends la naĂŻvetĂ© comme un Ă©tat initial nĂ©cessaire Ă la crĂ©ativitĂ© pour tout dĂ©butant Ă nâimporte quelle activitĂ© artistique. Sans la naĂŻvetĂ©, aucun jeune ne choisirait probablement de devenir artiste et de se condamner Ă un Ă©chec potentiel. Je voudrais ici revenir sur moi-mĂȘme. Je devais ĂȘtre complĂštement naĂŻf (câest ce que mes parents me disaient) pour choisir de devenir un artiste plasticien Ă la fin des annĂ©es 1980 quand (en Union SoviĂ©tique) tout Ă©tait en train de sâeffondrer. Il nây avait aucun prĂ©cĂ©dent de succĂšs, aucun exemple Ă suivre dans un pays qui Ă©tait toujours isolĂ©. Maintenant, 20 ans plus tard, je peux dire que dâune certaine façon, jâai rĂ©ussi. Je travaille de façon internationale et je peux Ă©ventuellement accepter dâĂȘtre appelĂ© un artiste.
Pour ce film, je voudrais revenir sur cet Ă©tat dâesprit de naĂŻvetĂ©, que je trouve trĂšs beau et dĂ©jĂ perdu. Je voudrais documenter quelques garçons qui viennent juste de monter un groupe de musique Ă Vilnius. Je trouve ça vraiment naĂŻf de monter un groupe aux ambitions internationales Ă Vilnius. A aucun moment, la musique pop ou rock ne sâest dĂ©veloppĂ©e ici comme une forme dâexpression en soi. A part quelques interpĂštes de musique classique, aucun musicien nâa fait de carriĂšre internationale jusquâĂ prĂ©sent. Je projette de suivre ce groupe dâidĂ©alistes, de leur poser quelques questions sur leurs visions du futur, de recueillir quelques-unes de leurs rĂ©flexions sur leur environnement politique, ou plus important, sur leur environnement culturel non-satisfaisant.â
Deimantas Narkevicius




âInto the Unknownâ a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© Ă la suite dâune commmission du British Film Institute pour commĂ©morer lâanniversaire de la chute du mur de Berlin. Lâartiste sâest servi des archives du BFI - et particuliĂšrement des films de propagande socialiste produits par la DEFA (Deutsche Film-Aktiengesellschaft) de lâex-Allemagne de lâEst docu-mentant entre autres la vie quotidienne des habitants de Berlin-Est - quâil a Ă©ditĂ© afin de proposer une vision universelle et existentielle dâindividus vivant dans un rĂ©gime social et politique trĂšs strict. A la campagne comme Ă la ville, on y voit des travailleurs (ouvriers, mĂ©decins, bibliothĂ©quaires...) mais aussi des retraitĂ©s, des enfants ou des couples dâamoureux comme autant dâarchĂ©types visant Ă promouvoir lâĂ©quilibre et le bien-ĂȘtre du mode de vie socialiste. Si aucun symbole ouvertement politique nâapparait Ă lâĂ©cran, le montage effectuĂ© par lâartiste souligne nĂ©anmoins la maniĂšre dont chaque personne est filmĂ©e afin de devenir un protagoniste exemplaire ou idĂ©alisĂ© du rĂ©gime. Cette mise en relief de reprĂ©sentations cinĂ©matographiques archĂ©typales est par ailleurs accentuĂ©e par le dĂ©calage opĂ©rĂ© par la bande-son, mĂ©langeant musiques et voix-off en anglais provenant de documentaires de la mĂȘme pĂ©riode sans lien apparent avec les images. Exprimant les relations compliquĂ©es des individus avec leur environnement, les dffĂ©rents textes provoquent ainsi une tension ou une certaine irritation avec les images quâils accompagnent. âInto the Unknownâ souligne de la sorte lâeffet du temps sur les individus comme sur les systĂšmes politiques quâils Ă©rigent et les reprĂ©sentations quâils en construisent.




Ce film prend comme point de dĂ©part les bases soviĂ©tiques abandonnĂ©es de lancement de missiles nuclĂ©aires. Il y a une base de ce type ici, en Lituanie. Elle a Ă©tĂ© fermĂ©e en 1977 mais sa structure souterraine est toujours impressionnante par son envergure. Jâai rencontrĂ© quelques personnes qui y ont servi et qui mâont fourni de nombreuses informations sur la maniĂšre dont elle fonctionnait. Mon idĂ©e a Ă©tĂ© de faire un film dont le scĂ©nario serait le lancement dâun de ces missiles depuis ce site en Lituanie. Fort heureusement, ceci ne sâest jamais produit durant la guerre froide mais dans le contexte actuel dâune nouvelle crispation politique entre lâouest et lâest (Russie comprise), lâhorreur - que nous pensions disparue - dâune possible attaque nuclĂ©aire semble Ă nouveau Ă©merger du passĂ©. Lâautre source dâinspiration de ce projet est le film de Peter Watkins, âThe War Gameâ. Je ne cherche pas Ă commenter ce film mais le fait quâil ait Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© en 1965 dĂ©montre une inquiĂ©tude personnelle et collective face au danger de la course aux armements nuclĂ©aires dans lâAngleterre des annĂ©es 1960. Malheureusement, une telle prĂ©occupation nâa jamais eu lieu dans les ex-pays de lâest. Je suis inquiet quâil y ait aujourdâhui bien moins de volontĂ© de comprĂ©hension du potentiel meurtrier des armes de destruction massive qui sont toujours disponibles. Mon scĂ©nario pour cette oeuvre est de (re)crĂ©er le lancement dâun missile de type R-14 depuis ce site. Je nâutilise pas dâanimation ou de technologies 3D pour reprĂ©senter un tel acte. Il sâagit davantage de filmer ce territoire naturel assez vaste (avec les ruines de la base) ainsi que la structure des catacombes dans lâintention de provoquer un sentiment psychologique de consternation face Ă la possibilitĂ© dâun tel acte et de ses consĂ©quences. Par ailleurs, jâutilise des images dâarchives des annĂ©es 1970 filmĂ©es aux alentours, en Lituanie (la zone est en fait magnifique, câest un des rares parcs nationaux du pays avec une riche faune). Il y a aussi quelques photos N/B uniques du complexe de lancement R-14 prĂȘt Ă lâattaque, prises pendant une sĂ©ance dâentraĂźnement pratique dans un site quasiment identique. Pour recrĂ©er le âlancementâ, jâutilise les moyens trĂšs modestes du collage cinĂ©matographique (comme une suggestion) incluant les photos N/B et la bande-son des ordres donnĂ©s en russe. Jâai en fait rencontrĂ© un officier russe qui sâen souvient encore par coeur. Deimantas Narkevicius, 2008






« On my way home, walking along Gediminas Avenue (formerly called Lenin Avenue), I dived into a mob, which, overcome with enthusiasm had been waiting for something to happen. This was an ubiquitous feeling, during August and September of 1991, right after the hapless Moscow coup attempt to regain its Lituanian colony. The atmosphere was brimming with anticipation for change - although it wasn't clear what type of change or what it would bring. The 'Velvet Revolutions' passed by quite peacefully (they were also endorsed by the Communist elite) and did not draw borders of ethnic or political separation, at least at the time, there was no clearly distinguished enemy (apparent collaborators disappeared in the far reaches of Russia or mingled in the same rejoicing mob), which could be identified as 'the defeated'. Initially, the enthusiastic mob began spontaneously disassembling Communist regime symbols (although Communism in its true sense had never been implemented), and its objects of public political propaganda - monuments. In the Soviet Republics these sculptures were primarily interpreted as domination marker of the occupying state. Public mobilization to peacefully break free from Russian occupation was a principal desire of the Lituanian people and was successfully implemented with firmness and patience in the few years to follow. Meanwhile, the disintegration and transformation of the Socialist bureaucratic state has been continuing ever since; though is yet to have been implemented in all areas of the state sector. Hence, in a matter of days, with the support of the joyful crowd, the monuments to Socialist Realism were dismantled: Communist ideologists, creators of the Soviet state and portraits of subsequent political figures. Monuments of the same period and style, depicting Lithuanian cultural figures escaped this fate. The demounted monuments were stored away and left - as if any concept of what to do with them had, for the moment, been exhausted. No historic period passes without trace and its aftermath does not disappear naturally, especially such a dramatic, extensive, radical, and overwhelming tide as the Soviet area. After nearly two decades, it remains difficult to reflect upon the period without guilt and it feels uncomfortable to analyze the cultural genesis of this period. Moreover, the change in contemporary aesthetics is so complete that the Soviet past is simply difficult to recognize, and the heritage is so sizeable, its impact is being felt on a longer term than it was possible to expect. The historical circumstances of the Cold War are well known and are often remembered with nostalgia not only in the former East. Despite this awareness, one might question whether the visual synecdoche of that time - Social Realism - has been properly evaluated; and if people are generally aware that one of its functions was to duplicate international modernism. Readings of this neoclassical style, that synthesized an everyday realism, provide more authentic information than a number of political evaluations of the period. The art of the Soviet era has preserved its astonishing and apparent expressive cynicism; as individual creativity was reduced to minimum in the face of canonical requirements. Consequently, these objects constitute a visual heritage of political terror, and monuments of the psychological pressure (and intentional and financial repression) exerted on individual creativity. We shouldn't, however, confuse things. Objects from that time are not a crime. They are rather witnesses to the crimes of history, a visual heritage of the epoch, which must be preserved and cherished: if we are to feel any sympathy for what was lost by people living in that era; and to separate individuals from their creatively constrained art works - even if the consequences of this aesthetic repression are still felt in the former East. Meanwhile, the 'competing' arts in the West made dynamic developments that seem accelerated - even now - because of relative political situations. The removal of monuments from central squares of East European cities visually softens or falsifies the development of the history of art and politics. A new generation of artists (and citizens) can hardly perceive, that for 45 years freedom of individual expression, and criticism of the domination ideology, was not tolerated. By their very nature Socialist Realist monuments are representative of their epoch. We might well ask; on what grounds, by what rights should they be preserved? As a visual design of the historical period or simply a fashionable style, Socialist Realism is an equally valuable art style within the canon of 20th century art movements, although its principles are radically divergent from Modernist art. It was an art-style in service to ideology that formally referred to a classicism that was equally far from democratic. This essential difference seems paradoxical and ensures its vitality by inspiring contemporary artists from the very beginning of collapse of Communism, closing the veil of nostalgia for the collapsed Utopia, even several decades prior to its 'official' end. As such, Socialist Realist works can be displayed in art museums next to works of other canonical movements as equally valuable historical indexes; representative of the gap which evolved at that time and split the formerly united Europe. Monuments, that until recently were symbolic markers of the most important public spaces, should not become carousels within theme parks built as undefined testaments: displayed as if for the appreciation of important achievements of the past- fetishizing something corrupt (1). No doubt, the biggest impact would be, given the means, returning the sculptures to their former locations, at least for some time. Not that the enthusiasm of the early 1990s was futile; the spontaneous and sincere campaigns of the mob changed the symbolic meaning of the monuments. The gigantic sculptures lost their political meaning and ideological significance. They were 'de-sacralized'. Monuments became sculptures again, just like any other - that can be transported, deposited, displayed elsewhere or returned to their former sites. My proposal for skulpur projekte mĂŒnster 07 is to dismount the monumental sculptural portrait of Karl Marx in the town of Chemnitz, and transport it to MĂŒnster for the period of the exhibition, and then return it to the same place in Chemnitz. » Deimantas Narkevicius (1) There is one such Soviet sculpture park in Lithuania and another in Hungary; I refer to GrĂŒto Parkas in Lithuania in my work The Role of a Lifetime (2003).







« Le futurologiste Stanislaw Lem prĂ©disait que le dĂ©veloppement technologique dominerait progressivement les rapports humains. L'intelligence artificielle (la machine) irait mĂȘme jusqu'Ă tenter de remplacer les sentiments inhĂ©rents aux ĂȘtres humains. « Cela ne sera pas », dĂ©clara Lem dans l'une de ses derniĂšres interviews. Il savait que la vraie intelligence artificielle ne pouvait ĂȘtre créée : des imitations de plus en plus bonnes apparaĂźtraient Ă la place. L'appareil Ă©lectronique appelĂ© ordinateur prĂ©tend dĂ©jĂ ĂȘtre douĂ© d'intelligence. Il est mĂȘme capable d'ĂȘtre un partenaire de conversation conscient pour les ĂȘtres humains : cela n'est ni de la dĂ©ception ni de la substitution mais de l'imitation. Des projections psychiques matĂ©rialisĂ©es basĂ©es sur la mĂ©moire des individus apparaissent dans Solaris, le drame spatial de Lem. L'astronaute Chris Kelvin reçoit les visites d'une femme absolument identique Ă son Ă©pouse dĂ©cĂ©dĂ©e. Le rĂ©alisateur lĂ©gendaire Andrej Tarkovskij a adaptĂ© assez librement le roman au cinĂ©ma en 1972. Dans son film, Tarkovskij a ajoutĂ© un Ă©lĂ©ment familial : l'astronaute rend visite Ă son pĂšre dans la maison familiale avant de partir dans l'espace. De plus, une assez longue partie du film se situe sur Terre : le dĂ©part de l'astronaute pour l'espace et son retour sur Terre Ă la fin du film, quand il revient dans la maison de son pĂšre. Dans la façon dont le film est construit, ou plus prĂ©cisĂ©ment composĂ©, les cadres des scĂšnes de nature ont une signification assez symbolique et elles sont visuellement liĂ©es aux peintures de la Renaissance ou Ă celles des maĂźtres Romantiques. Il me semble que Tarkovskij fut moins critique que Lem sur l'impact grandissant des mĂ©dias Ă©lectroniques (et des mĂ©dias en gĂ©nĂ©ral) sur les rapports humains. Dans mon court film, Revisiting Solaris, l'acteur Donatas Banionis apparaĂźt Ă nouveau dans son rĂŽle de Chris Kelvin plus de quarante ans aprĂšs que Solaris ait Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© par Andrej Tarkovskij. Revisiting Solaris est basĂ© sur le dernier chapitre du livre de Lem, chapitre qui a Ă©tĂ© laissĂ© de cĂŽtĂ© dans la version de Tarkovskij. Dans ce dernier chapitre, Kelvin rĂ©flĂ©chit Ă sa brĂšve visite sur le « sol » de la planĂšte Solaris peu de temps avant son retour de la mission spatiale. Comme matĂ©riel pour visualiser le paysage de Solaris, j'ai utilisĂ© une sĂ©rie de photographies prises par le peintre symboliste et compositeur lituanien Mykalojus Konstantinas Ciurlionis en 1905 Ă Anapa. Les Ćuvres de Ciurlionis sont empreintes d'une conception originale de l'espace, produisant l'impression d'un temps sans limites et en expansion infinie. Les images ont ainsi la qualitĂ© d'une vision cosmique et d'une profonde concentration intĂ©rieure. J'ai trouvĂ© trĂšs intĂ©ressant qu'en 1971, Andrej Tarkovskij filme la mĂȘme surface de la Mer Noire en CrimĂ©e pour reprĂ©senter le paysage de cet ocĂ©an mystĂ©rieux. » Deimantas Narkevicius






Le travail de Deimantas Narkevicius est une approche critique du film, de sa crĂ©dibilitĂ© Ă raconter et de ses enjeux dans une culture qui est dâabord visuelle. Il apprĂ©hende lâhistoire du XXe siĂšcle afin de mieux comprendre les implications psychologiques de notre contemporanĂ©itĂ©. Par un travail de dĂ©construction, de ruptures et de juxtapositions, Deimantas Narkevicius invite le spectateur Ă combler les failles de sa propre histoire. Il articule des temps parallĂšles et des perspectives diffĂ©rentes Ă lâintĂ©rieur de sa structure, crĂ©e des allers-retours entre le passĂ© et le prĂ©sent, associe lâhistoire Ă lâexpĂ©rience personnelle et renvoie le potentiel dâune fiction Ă la vĂ©racitĂ© du documentaire. Le film Disappearance of a Tribe consiste en une succession de photographies, reconstituant lâhistoire dâune famille. Les images montrent une vie ordinaire sous lâĂšre soviĂ©tique et cette expĂ©rience dâun temps qui semble totalement rĂ©volu aujourdâhui. Disappearance of a Tribe est la continuation dâune sĂ©rie dâĆuvres interrogeant cette pĂ©riode du radical-socialisme prenant place dans lâEurope de l'est dâaprĂšs-guerre. Ce travail nâest pas inspirĂ© par le sentiment dâun passĂ© utopique. La crĂ©ation dâun Etat suprĂȘme et multiculturel dans lâidĂ©e dâune communautĂ© socialiste internationale qui couvrirait prĂšs de la moitiĂ© de la planĂšte, est ironiquement identique Ă ce qui ressemble aujourdâhui aux dĂ©fis que se fixent les pays de lâEst pour leur intĂ©gration Ă lâUnion EuropĂ©enne.





Matrioskos est une vidéo de style documentaire qui rejoue une histoire fictionnelle : trois actrices professionnelles, qui ont participé à la réalisation d'un projet télévisé commercial produit par VITIM en Belgique et intitulé « Matriojskas », rejouent le scénario de ce film. Cette histoire fictionnelle, inspirée d'une histoire vraie, est représentée comme un documentaire qui suivrait la vie de trois individus. Ce projet soulÚve la question du manque d'équilibre actuel entre la narration fictionnelle et la pratique documentaire dans les médias de masse contemporains.






Ce film a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© Ă partir de matĂ©riel vidĂ©o existant. L'artiste a acquis auprĂšs des archives de la TĂ©lĂ©vision Nationale Lituanienne des matĂ©riaux qui documentent le dĂ©montage d'une sculpture de LĂ©nine. Il a par ailleurs achetĂ© des rushes documentant la mĂȘme action filmĂ©e par un reporter indĂ©pendant, ce qui permet d'avoir deux perspectives diffĂ©rentes de ce mĂȘme Ă©vĂ©nement. Ces images de LĂ©nine suspendu au-dessus de la foule Ă Vilnius ont Ă©tĂ© montrĂ©es des milliers de fois par CNN ces dix derniĂšres annĂ©es comme symbole de la dĂ©sintĂ©gration de l'Union SoviĂ©tique et de l'Ă©chec du communisme. Dans Once in the XX Century, la manipulation opĂ©rĂ©e au montage nous fait croire que la foule est en train d'attendre et de cĂ©lĂ©brer l'Ă©rection de la sculpture de LĂ©nine. « Ce n'est pas de nostalgie dont il est question dans cette Ćuvre. Dans de nombreux pays de l'Europe de l'Est (dont l'Ă©conomie est actuellement soumise Ă un dĂ©veloppement nĂ©o-libĂ©ral extrĂȘme), certaines idĂ©es sociales, certains rĂȘves et mĂȘme certaines utopies manquent Ă beaucoup de gens. Alors que la rĂ©alitĂ© mĂȘme de l'Union SoviĂ©tique est en train d'ĂȘtre oubliĂ©e par la majoritĂ© des EuropĂ©ens de l'Est, les idĂ©es du socialisme apparaĂźssent Ă nouveau comme une possible alternative Ă ce nĂ©o-libĂ©ralisme extrĂȘme. Pour la plus jeune gĂ©nĂ©ration, le communisme est devenu quelque chose de trĂšs exotique. En effet, il n'est plus associĂ© Ă un Ă©tat de terreur contre l'individualitĂ© et Ă une idĂ©ologie de colonisation de nations entiĂšres. D'un autre cĂŽtĂ©, le passĂ© rĂ©cent des pays de l'Est est niĂ© par les nouveaux hommes politiques. Certains d'entre eux (qui ont dĂ©butĂ© leurs carriĂšres politiques avant les changements des annĂ©es 1990) sont en train de constituer une sorte de droite populiste. Souvent, leur rhĂ©torique rappelle quelque chose du passĂ©. Il y a donc quelque chose d'effrayant dans la possible rĂ©pĂ©tition d'un passĂ© pourtant pas si lointain. » Deimantas Narkevicius





Ce film combine trois Ă©lĂ©ments bien distincts : le premier est un entretien avec le rĂ©alisateur britannique Peter Watkins, enregistrĂ© en Lituanie oĂč Watkins a longuement vĂ©cu lors de son auto-exil hors du Royaume-Uni. Le deuxiĂšme Ă©lĂ©ment est une sĂ©quence de tableaux du paysage lituanien, dont certains montrent un parc Ă thĂšme d'un genre spĂ©cial : le Gruto Park, sorte de cimetiĂšre pour les statues du « rĂ©alisme socialiste » de l'aprĂšs guerre. La troisiĂšme partie est composĂ©e de scĂšnes d'archives tournĂ©es Ă Brighton par un rĂ©alisateur amateur enthousiaste. Deimantas Narkevicius unit ces trois composantes disparates, reliant le son et l'image pour crĂ©er une surprenante confrontation entre les commentaires de Watkins et les images Ă l'Ă©cran. Peter Watkins et Deimantas Narkevicius partagent un profond scepticisme quant aux images qui prĂ©tendent ĂȘtre des reproductions authentiques de l'histoire. IndĂ©pendamment l'un de l'autre, ils ont tous deux produit des films avec des thĂ©matiques assez proches : la tentation de dĂ©construire la rhĂ©torique visuelle conventionnelle du tĂ©moignage historique et la recherche d'un langage cinĂ©matographique qui ne soumette pas l'histoire aux forces d'assimilation idĂ©ologique ou Ă l'uniformisation des mĂ©dias de masse.






Ce film s'inspire de l'architecture du bĂątiment qui abrite le CAC, Centre d'Art Contemporain Ă Vilnius en Lituanie. Deimantas Narkevicius a travaillĂ© dans cette institution pendant plus de neuf ans et il dĂ©crit la situation autour du CAC comme relevant de l'utopie. âL'architecture de ce bĂątiment se rattache Ă la modernitĂ© fonctionelle soviĂ©tique des annĂ©es 1960. Il a Ă©tĂ© construit pour ĂȘtre le pavillon du 50Ăšme anniversaire de la RĂ©volution d'Octobre et s'appellait alors « Le Palais des Expositions ». Jusqu'au dĂ©but des annĂ©es 1990, il est restĂ© un lieu pour les expositions d'art officiel. Ironiquement, juste au dĂ©but des annĂ©es 1990, et ce, dĂ» Ă des faits irrationnels, le bĂątiment est devenu le Centre d'Art Contemporain avec son propre programme artistique indĂ©pendant. Le programme de cette institution est si ambitieux qu'il n'existe aucune autre institution en Lituanie qui pourrait y rentrer au moins un peu en compĂ©tition. Par ailleurs, le choix du programme d'art contemporain a entrainĂ© une perte radicale du nombre de visiteurs du temps oĂč l'institution Ă©tait le Palais des Arts avec un programme artistique grand public. La rĂ©sultante est que l'institution s'est isolĂ©e elle-mĂȘme au sein de l'infrastructure locale car elle n'a jamais vraiment fait de compromis avec son programme, dans l'intention de faire « revenir les masses ». La construction moderniste est devenue une sorte de coquille pour les gens qui y travaillent. Il existe une vie de tous les jours dans l'institution, qui semble ĂȘtre en contradiction avec ce propos, mais en fait, ce sont les gens qui y travaillent qui rendent possible cette Utopie avec leurs activitĂ©s, et ce, mĂȘme s'ils n'y pensent pas vraiment.â Deimantas Narkevicius






« La narration, dans le film Kaimietis, est basĂ©e sur les monologues de deux individus qui ne se connaissent pas. Le personnage masculin est un jeune sculpteur sur le point de quitter son pays. Le texte du personnage fĂ©minin a lui Ă©tĂ© enregistrĂ© juste aprĂšs qu'elle ait quittĂ© son pays natal. Ils n'immigrent pas, ni l'un ni l'autre, pour des raisons Ă©conomiques ou politiques, mais partagent la volontĂ© de vivre une nouvelle expĂ©rience dans un autre pays, dans un contexte culturel diffĂ©rent. Ces deux jeunes gens abordent des sujets personnels importants, de façon non linĂ©aire. La structure visuelle du film suggĂšre et fait allusion aux histoires des deux narrateurs qui ne sont jamais montrĂ©s. Lorsque le sculpteur parle, on voit le visage d'une sculpture reprĂ©sentant un hĂ©ros national qu'il a lui-mĂȘme rĂ©alisĂ©, alors que pendant le monologue de la jeune Ă©tudiante, dĂ©filent les photographies de ses premiers jours dans une ville Ă©trange. Toutes leurs rĂ©flexions sur leur voyage, le fait de partir de chez soi et les expĂ©riences qu'ils ont eu Ă l'Ă©tranger sont comparĂ©es avec ce que leur inspire leur point de dĂ©part, leur ville qu'ils connaissent si bien et les moments de leurs dĂ©parts devenus aujourd'hui des souvenirs. » Deimantas Narkevicius

Ce film a Ă©tĂ© construit comme l'Ă©tude documentaire d'une centrale Ă©lectrique. Dans le mĂȘme temps, il Ă©voque la « Ville Electrique », construite autour du site de la centrale dans les annĂ©es 1950-1960. Cette « nouvelle » citĂ© artificielle avait Ă©tĂ© pensĂ©e pour incarner l'optimisme et l'Ă©thique moderniste sur lesquels Ă©tait basĂ©e la rĂ©volution technologique. Ce film porte Ă©galement un regard sur une communautĂ© de travailleurs industriels qui se dĂ©lite progressivement.





AprĂšs quelques secondes de silence cinĂ©matographique, surgit la voix d'une fillette. Cette enfant invisible raconte - en lituanien - la lĂ©gende fondatrice de la ville de Vilnius, telle qu'elle fut Ă©laborĂ©e par des historiens romantiques du 19e siĂšcle. L'Ă©cran s'illumine peu Ă peu : le soleil, brillant Ă travers une fenĂȘtre, aide la fillette Ă trouver les derniers mots d'un livre ouvert. Ainsi dĂ©bute Legend Coming True. Fondu. Le balbutiement de la voix enfantine laisse place Ă la voix d'une femme ĂągĂ©e parlant un russe courant mĂątinĂ© de Yiddish. La narration se dĂ©roule calmement, sur un rythme quasi-hypnotique. La voix est celle de Fania, une rĂ©sidente juive de Vilnius ayant survĂ©cu Ă l'Holocauste. Bien qu'elle soit la protagoniste du film, elle demeure invisible. Son histoire couvre un territoire extrĂȘmement vaste : Kaunas, Vilnius, IsraĂ«l, Varena, le Tadjikistan, l'Italie, la Lettonie, Paris, l'Australie, Toronto, la SibĂ©rie, Stutthof, Los Angeles, Paneriai : rĂ©seau extensif d'une communautĂ© juive dispersĂ©e. Mais la topographie fondamentale du film est composĂ©e de quatre aspects de Vilnius : la rue de son enfance, la façade de l'Ă©cole, la cour du ghetto et la forĂȘt de Rudninkai. Dans ces quatres lieux associĂ©s Ă l'histoire juive, Deimantas Narkevicius a placĂ© sa camĂ©ra pendant 24 heures ; celle-ci Ă©tant programmĂ©e pour ne filmer qu'une seule image par minute. De cette maniĂšre, les 24 heures de tournage deviennent 14 minutes de film, provoquant un rĂ©sultat similaire aux films d'animation. Ces quatre jours et quatre nuits sont ainsi rĂ©sumĂ©s dans une histoire d'un peu plus d'une heure dans laquelle notre protagoniste Ă©voque l'ensemble du 20e siĂšcle : des temps mythiques du dĂ©but du film Ă un espoir mĂ©ta-historique Ă sa fin. Cette structure temporelle multi-dimensionnelle semble ĂȘtre un outil nĂ©cessaire pour nous amener aussi prĂšs que possible de la vĂ©ritĂ© de l'Ă©vĂ©nement. Dans ce film, Deimantas Narkevicius essaie de donner une voix Ă ceux qui ont perdu leurs privilĂšges afin de nous rappeler les notions de justice sociale et historique. La protagoniste de Legend Coming True se libĂšre elle-mĂȘme en mĂȘme temps qu'elle libĂšre les autres. L'auteur du film libĂšre quant Ă lui les idĂ©es d'histoire, de vĂ©ritĂ© et de responsabilitĂ© civique.




« Ce film a Ă©tĂ© tournĂ© avec du matĂ©riel authentique de rĂ©alisation russe datant des annĂ©es 1960. Dans ce film, des personnes qui me sont trĂšs proches et moi-mĂȘme racontons l'histoire de mes parents disparus. Ma partenaire et moi-mĂȘme avons, dans le film, Ă peu prĂšs le mĂȘme Ăąge que celui qu'avaient mes parents dans les annĂ©es 1960 au moment du boom des films rĂ©alistes soviĂ©tiques. La diffĂ©rence est qu'une telle histoire politique n'aurait pas pu ĂȘtre produite Ă cette Ă©poque-lĂ . »
Deimantas Narkevicius





« Il s'agit d'un simple documentaire sur un voyage que j'ai fait un matin, depuis mon ancien appartement jusqu'au centre gĂ©ographique de l'Europe. » Script « Un vendredi matin, j'ai eu le besoin urgent d'aller voir le centre de l'Europe. Bien que j'aie longtemps eu consience que la Lituanie Ă©tait le centre de l'Europe, j'avais simplement accordĂ© peu d'importance Ă ce fait, le considĂ©rant comme l'un des nombreux phĂ©nomĂšnes d'idĂ©ologie ethnocentrique, typique d'un jeune pays. Ce matin-lĂ , je me suis demandĂ© quelle Ă©tait ma relation Ă ce fait gĂ©ographique. Je me suis rendu compte qu'il s'agissait Ă©galement du centre de mes voyages, le point central dans le temps des moments que j'avais passĂ©s ailleurs. J'ai regardĂ© la carte en essayant de me souvenir du temps que j'avais passĂ© en Russie, dans des endroits Ă l'Est de ce centre. J'ai dĂ©couvert, cependant, que j'avais passĂ© le mĂȘme temps Ă l'Ouest. Les distances que j'avais parcourues dans diffĂ©rentes directions Ă©taient aussi rĂ©parties de maniĂšre Ă©gale autour de la ville que je connaissais le mieux. J'ai ainsi dĂ©cidĂ© d'aller voir le centre de mes voyages et du temps que j'avais passĂ© ailleurs. En me rapprochant de cet endroit, j'ai eu le sentiment d'y ĂȘtre dejĂ venu, de l'avoir dejĂ vu. Peut-ĂȘtre Ă©tait-ce en Lituanie, quelque part en Russie ou en Pologne. Cela aurait pu ĂȘtre n'importe oĂč en Europe. » Deimantas Narkevicius



















