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"LĂ oĂą les eaux se mĂŞlent"
Pratchaya Phinthong "What I learned I no longer know; the little I still know, I guessed"
"Nord, Nord-Ouest"
Roman Ondák "Fluid Border"
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Berlin-Paris, un échange de galeriesYann Sérandour « Weiss »2007
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Jiri Kovanda «Two Cushions»
Omer Fast «De Grote Boodschap»« Cinematic Panorama »2006
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Mac Adams «07-70»
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Roman Ondák «More Silent Than Ever»
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Deimantas Narkevicius «Instead of Today»
Omer Fast «Godville»« Petites Compositions entre amis - Séquence 3 »2004
« Petites Compositions entre amis - Séquence 2 »
« Petites Compositions entre amis - Séquence 1 »
Elina Brotherus «Model Studies»Pia Rönicke «Without a Name»2003
Loris Gréaud «Ending Introduction»
Robert Breer
Alban Hajdinaj «My Home is Your Home»« Links »2002
« Present Perfect »
Roman Ondák «Talker»Mac Adams «Beneath The Shadow»2001
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Elina Brotherus «Suites françaises 2»
« Hors-jeu »ArchivesArt 40 Basel
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« Outside The Living Room » questionne la posture ambivalente d’une galerie d’art entre espace privé et espace public. Si celle-ci peut être envisagée comme un lieu social et ouvert, présentant des propositions artistiques qui interrogent la société, elle est aussi un dispositif privilégié au sein duquel le spectateur peut entretenir une relation intime avec des oeuvres.
Chaque époque redéfinit sa frontière entre le domaine privé et public : des glissements permanents s’opèrent d’un champ à l’autre. Les œuvres présentées dans cette exposition reflètent cette zone perméable et fluctuante entre le général et l’individuel, un retour vers soi même et une projection vers l’autre.
Pour mieux interroger cette tension et révéler la complémentarité (entre public et privé) inhérente à chaque œuvre, « Outside The Living Room » s’articulera autour de deux environnements : le premier espace rassemblera des œuvres de Johanna Billing, Alban Hajdinaj, Pia Rönicke et Wael Shawky qui explorent différentes formes de projection du domaine privé dans l’espace collectif. Le deuxième espace aménagé comme un espace domestique et cosy, présentera des œuvres de Mac Adams (Circumstantial Evidence), Robert Breer (Variations), Elina Brotherus (Model Studies), Alban Hajdinaj (Figurines), Roman Ondak (Interview) , Dominique Petitgand (Etat liquide /expétoration à la clefs) qui toutes interrogent la sphère de l’intime.
Alban Hajdinaj est né en 74 à Tirana (Albanie). Alban Hajdinaj invente des récits fictionnels à partir d'une identité instable: celle de sa génération dans son pays, l'Albanie. Son travail prend différentes formes : installations, photographies, vidéos et peintures. Des scénario étranges se déploient au cœur d’une tension narrative. L’artiste interroge la société albanaise actuelle, sa radicale mutation et entretient le dialogue entre une mythologie personnelle et collective. À travers cette hybridation se produit une sensation de décalage. Alban Hajdinaj tente de comprendre sa place aujourd'hui, dans une société fraîchement capitaliste, fascinée par le kitsch et le consumérisme. Le choix d’être artiste aujourd’hui en Albanie, appartenir à une société basée sur des codes isolés du reste du monde, renvoie à une périphérie inconfortable et créatrice. Alban Hajdinaj analyse les différentes strates d’une histoire collective et laisse libre cours à une expression poétique et singulière. L’artiste développe son travail sur cette ambiguïté, entre le politique et l’intime, le constat lucide d’une réalité et sa vision fantasmagorique pour y échapper.
Wash & Go, 2001
Vidéo couleur, son, 2 minutes 40
Wash & Go s’articule en deux temps et fonctionne comme un slide show en boucle. La vidéo est rythmée au gré d’apparitions et de disparitions d’images à partir du montage de photographies. Dans la première partie, le travelling ponctué par des sons domestiques, balaie l’intérieur d’un appartement, s’attarde sur des éléments de la vie quotidienne pour se fixer finalement sur un shampoing dont le slogan est Wash & Go. Le zoom de la camera isole le mot GO et glisse vers le mot AWAY, extrait d’un autre slogan « the people you need are only a touch away ». Peu à peu le cadrage s’élargit pour découvrir le panneau publicitaire d’une campagne pour Vodafone dans les rues de Tirana. Les images se succèdent et révèlent une ville dévastée, parsemée d’immeubles en démolition (constructions illégales faisant l’objet des nouvelles préoccupations du maire de la ville). Les bruits urbains accompagnent cette vision d’abandon. La dualité de la pièce confrontant l’espace privé à l’espace public est soulignée par l’opposition entre la familiarité des bruits d’intérieurs et la résonance citadine, entre les détails personnalisés d’un quotidien et les chantiers déshumanisés. Alban Hajdinaj réalise ici une sorte de collage de réalités fragmentaires et prend acte d’un présent chaotique et trouble.
Wael Shawky est né en 1971 à Alexandrie (Egypte). Son travail (vidéos, performances, installations) traite la notion de culture comme une entité dynamique et expérimentale. Il explore les passages inhérents à la modernisation et révèle l’hybridation culturelle des sociétés contemporaines, leur contradictions esthétiques et sociales. Son oeuvre se construit sur des systèmes en transition, des contextes à redéfinir. En confrontant les stéréotypes de la représentation, Wael Shawky porte un regard critique sur notre époque où consummérisme et sacré se cotoient. Dans un processus de traduction permanente il revisite l’héritage culturel et nos modes de projection collective.
The Cave, 2005
Video couleur, son
15 minutes
Dans The Cave, l’artiste déambule à l’intérieur d’un supermarché à Amsterdam tout en articulant un flux de parole inintérrompu. L’attitude de l’artiste est celle d’un journaliste télé, s’adressant directement à la caméra et pointant du doigt certains articles. On comprend peu à peu qu’il récite des passages du Coran. Le rythme et l’attention portés à la diction témoignent d’une assiduité presque scolaire. Le titre The Cave fait référence à l’histoire « The Cave of the Seven Sleepers ». A l’origine, cette légende est apparue pendant l’Antiquité Grecque, on la retrouve dans les écrits latins de Grégoire de Tours puis dans beaucoup d’autres ouvrages religieux. Wael Shawky reprend le Surat racontant ce récit où sept hommes persécutés à Ephesus (Turquie), 250 ans avant JC, avaient trouvé refuge dans une cave. A leur réveil, ils se rendent compte qu’ils ont dormi 200 ans et que pendant leur sommeil le christianisme était devenu la religion dominante de l’Empire. Le format des programmes de Bloomberg avec le texte qui déffile en bas de l’écran nous renvoie à une vision urbaine contemporaine. Si dans sa performance l’artiste nous donne à voir la prestation exemplaire d’un journaliste d’une émission pour consommateur ou celle d’un fervent croyant, il réussit à faire vaciller la hiérarchie entre le langage et la religion.
Johanna Billing est née en 1973 à Jönköping. Elle vit et travaille à Stockholm (Suède). Elle réalise un travail de vidéos ; elle a créé parallèlement un label de musique indépendant avec son frère. Son travail s’inscrit dans une société, un contexte, la Suède, où le consensus est privilégié à la situation de conflit. Les pièces de Johanna Billing accentuent le dilemme du choix à partir d’une tension entre un collectivisme nécessaire et un individualisme latent. Ses oeuvres traitent de l’isolement de l’individu dans la société, l’hésitation à agir pour se conformer aux autres.
Ses compositions mettent en place une situation réelle dans laquelle elle invite des gens à participer. Les personnages restent eux-mêmes tout en jouant un rôle. Ses scénarios créent une fiction et racontent aussi une histoire réelle.
Magic & Loss, 2005
Film 16 mm transféré sur dvd
16 minutes 52
Une simple et banale activité se déroule lentement. Cette pièce marque le passage du temps: plusieurs personnes emballent des objets dans l’appartement d’une personne à Amsterdam à priori absente pendant une journée. Les gestes sont répétitifs, le rythme monotone, le processus méthodique. Le sujet enigmatique semble n’être qu’un pretexte à déployer le temps. Comme dans d’autres pièces, la référence à la musique pop est présente dans le titre. L’album Magic & Loss de Lou Reed a été réalisé à l’époque où plusieurs personnes dans l’entourage de l’artiste ont disparu. Ce sentiment de perte qui habite le film reprend en écho les questionnements existentiels de l’artiste.